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Jardin

Faire des boutures : plantes faciles et bon calendrier

28 juillet 2026


Faire des boutures : plantes faciles et bon calendrier

Faire des boutures, c’est multiplier une plante à partir d’un fragment, tige, feuille ou racine, que l’on place dans l’eau ou dans un substrat pour qu’il développe ses propres racines. En France, près de sept jardiniers amateurs sur dix s’y essaient chaque année, et pour cause : une bouture ne coûte rien et donne une plante identique au pied mère. Augustin vous explique ici le tour complet de la question, du choix des végétaux jusqu’au premier rempotage, sans jargon et avec des repères concrets.

Le tour de la question

Le bouturage n’est pas une invention récente. Les horticulteurs le pratiquent depuis des siècles pour reproduire fidèlement les variétés qui leur plaisent. Ce qui change aujourd’hui, c’est que la technique est devenue accessible à tout le monde, un verre d’eau, un sécateur propre, un rebord de fenêtre, et vous voilà équipé.

L’idée est simple : un fragment de plante placé dans de bonnes conditions reforme des racines et redémarre une vie autonome. Les cellules situées au niveau d’un nœud, le petit renflement d’où partent les feuilles, sont capables de produire des racines. Tout l’art du bouturage consiste à leur donner l’humidité, la lumière et la température qui déclenchent le processus.

Avant de vous lancer, gardez en tête deux choses. Toutes les plantes ne se bouturent pas avec la même facilité : certaines pardonnent tout, d’autres demandent de la patience. Ensuite, le bouturage est une activité de saison : le printemps et la fin d’été donnent les meilleurs résultats. Comme pour l’entretien de votre voiture, le calendrier a son importance.

Les plantes qui pardonnent tout

Si vous débutez, commencez par des valeurs sûres. Certaines plantes sont de véritables championnes de la reprise : un fragment posé dans l’eau donne des racines en moins de quinze jours. D’autres demandent un peu plus de vigilance, mais restent accessibles avec un minimum d’attention.

PlanteType de boutureDélai indicatif avant racinesDifficulté
Pothos (Scindapsus)Tige dans l’eau7 à 15 joursTrès facile
Misère (Tradescantia)Tige dans l’eau5 à 10 joursTrès facile
MentheTige dans l’eau7 à 12 joursTrès facile
Géranium (Pelargonium)Tige dans le terreau15 à 21 joursFacile
Ficus elasticaTige dans le terreau3 à 6 semainesFacile
LavandeTige semi-aoûtée en terre3 à 5 semainesIntermédiaire
RosierTige aoûtée en pleine terre4 à 8 semainesIntermédiaire

Les plantes grasses et les succulentes méritent une mention à part : une simple feuille de Crassula ou d’Echeveria posée sur du terreau sec produit une minuscule rosette en trois à quatre semaines. Pas besoin d’eau, juste de la lumière et de la patience.

Pour les plus pressés, la bouture dans l’eau est imbattable. Vous voyez les racines apparaître jour après jour, ce qui est à la fois rassurant et gratifiant. Le pothos et la misère sont les deux champions toutes catégories : placez trois ou quatre tiges dans un verre d’eau, changez l’eau tous les trois jours, et vous obtenez des racines prêtes à être mises en pot en deux semaines.

Le geste et le bon moment

Le bouturage réussi tient à trois choses : un bon prélèvement, le bon moment, et la bonne hygrométrie.

Pour le prélèvement, utilisez un sécateur propre et bien affûté, désinfecté à l’alcool. Coupez juste sous un nœud, en biseau, sur 8 à 15 centimètres. Supprimez les feuilles du bas pour ne garder que deux ou trois paires au sommet : les feuilles immergées pourrissent, les feuilles aériennes continuent la photosynthèse.

Le moment idéal dépend de la plante. Les tiges vertes et souples se prélèvent au printemps, de mars à juin. Les tiges qui commencent à durcir se prélèvent en fin d’été, d’août à septembre. Les rameaux durs de l’année se bouturent en automne, d’octobre à novembre.

Côté hygrométrie, le maître-mot est l’humidité sans excès. Une bouture dans l’eau a besoin d’un niveau constant : le nœud immergé, les feuilles au sec. Une bouture en terre demande un substrat léger, moitié terreau de semis, moitié sable ou perlite, et une atmosphère humide autour des feuilles. Coiffez le pot d’un sac plastique transparent maintenu par un élastique : cette mini-serre limite l’évaporation. Aérez une fois par jour.

De la racine au premier pot

Les premières racines apparaissent : c’est gratifiant, mais c’est aussi le moment où beaucoup de boutures échouent par précipitation. Attendez que les racines atteignent 3 à 5 centimètres et qu’elles commencent à se ramifier avant de transférer en pot.

Pour le rempotage, choisissez un pot de 8 à 10 centimètres de diamètre. Un contenant trop grand retient l’eau en excès et fait pourrir les jeunes racines. Le substrat doit être léger : le même mélange terreau de semis et sable convient pour les premières semaines.

Arrosez généreusement au moment du rempotage pour tasser le substrat, puis maintenez-le légèrement humide pendant deux à trois semaines. Passé ce cap, adoptez le rythme normal de l’espèce. Si vous avez bouturé à l’étouffée, retirez le sac progressivement sur une semaine pour habituer la plante à l’air ambiant.

Pendant cette phase, évitez le plein soleil et les courants d’air. Une lumière indirecte vive et 18 à 22 °C conviennent à la plupart des boutures. Si une feuille jaunit dans les premiers jours, ne vous inquiétez pas : la plante redirige son énergie vers les racines.

Le bon tuyau en plus

Il existe un petit secret que les jardiniers partagent entre deux haies : l’hormone de bouturage naturelle. Une branche de saule effeuillée et trempée dans l’eau pendant vingt-quatre heures libère de l’acide salicylique et des auxines, qui favorisent l’enracinement. Trempez la base de votre bouture dans cette eau avant de la mettre en terre : le coup de pouce est réel, surtout sur les plantes récalcitrantes comme le romarin.

Autre conseil : tenez un petit carnet. Notez la date de prélèvement, l’espèce et la date d’apparition des racines. En une saison, vous accumulez des repères personnels qui valent tous les guides. Cette approche méthodique rappelle celle que l’on adopte quand on devient auto-entrepreneur : on tâtonne, on note, on ajuste.

Multipliez les essais plutôt que de viser la perfection sur une seule bouture. Prélevez trois ou quatre tiges à la fois : si deux reprennent, vous avez déjà gagné. Et comprendre les bases du jardinage ressemble à l’apprentissage d’autres gestes, comme déchiffrer le fonctionnement de sa box internet. Au début, tout semble compliqué, puis les automatismes se mettent en place.

FAQ

Quelle est la différence entre une bouture dans l’eau et une bouture en terre ?

La bouture dans l’eau permet de voir les racines se former et convient aux plantes d’intérieur comme le pothos ou la misère. La bouture en terre donne des racines plus robustes et évite le choc de la transition eau-vers-terre. Pour les plantes de jardin, préférez directement le terreau.

Peut-on bouturer toute l’année ?

En intérieur, avec une lumière suffisante, vous pouvez bouturer les plantes tropicales presque toute l’année. Pour les plantes d’extérieur, respectez les saisons : printemps pour les tiges tendres, fin d’été pour les tiges semi-dures, automne pour les ligneuses.

Pourquoi ma bouture pourrit-elle au lieu de faire des racines ?

La pourriture vient presque toujours d’un excès d’eau stagnante. Dans un verre, changez l’eau tous les deux à trois jours et ne laissez pas de feuilles immergées. En terre, utilisez un substrat très drainant et ne laissez jamais la soucoupe remplie d’eau.

Peut-on bouturer les plantes du commerce ?

Oui, tout à fait. La menthe du rayon frais, le basilic en pot, le romarin en godet : tout se prélève et se multiplie. Vérifiez simplement que la plante mère est saine, pas de feuilles tachées ni d’insectes, avant de la solliciter.


Vous savez maintenant quelles plantes choisir, à quel moment les prélever, comment entretenir vos boutures de la racine au premier pot, et quels petits secrets font la différence. Commencez modestement : un verre d’eau, trois tiges de misère ou de pothos, et observez. Dans trois semaines, vous aurez des racines, et l’envie de recommencer.

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