Faire & entreprendre
Comment créer une auto entreprise
6 octobre 2026

Créer une auto entreprise, c’est une déclaration d’activité, gratuite, qui se fait en une seule fois sur le guichet unique des formalités d’entreprises. Je l’ai faite pour un projet de dépannage informatique, et j’ai perdu trois semaines à chercher un intermédiaire facturant ce qui est gratuit. Voici l’ordre exact, ce qu’il faut préparer, et les endroits où l’on se trompe.
Le tour de la question
Une auto entreprise, ou micro entreprise, est un régime simplifié pour exercer seul. Vous déclarez une activité, vous obtenez un numéro SIREN et un code d’activité, et vous déclarez ensuite votre chiffre d’affaires à l’Urssaf, qui calcule vos cotisations. Pas de statuts à rédiger, pas d’associés, pas de capital à réunir.
La formalité est gratuite. Créer une micro entreprise est gratuit : la formalité passe par le guichet unique de l’INPI pour les activités commerciales, artisanales et libérales, seuls les agents commerciaux payant leur immatriculation (INPI, 2026). Autrement dit, si vous voyez une offre à quelques dizaines ou centaines d’euros pour « créer votre auto entreprise », vous payez un accompagnement, pas une obligation légale.
Où aller, concrètement ? Devenir auto entrepreneur passe par le guichet unique de l’INPI, sur formalites.entreprises.gouv.fr, et la connexion est possible sans créer de compte, via FranceConnect (Urssaf auto-entrepreneur, fiche « Créer mon auto-entreprise », 2026). C’est le point que je n’avais pas compris : pas besoin d’inscription préalable, vous arrivez avec vos identifiants habituels et vous remplissez.
Ce que vous obtenez ensuite détermine toute la suite : un numéro SIREN, un code d’activité qui classe votre métier, et un rattachement à un organisme de cotisations. Tant que ces trois éléments ne sont pas en place, vous ne pouvez pas facturer proprement.
Ce qui coince concrètement à la maison
Le premier point de blocage, c’est le choix de l’activité. « Je fais des petits travaux » ne suffit pas : le code d’activité détermine votre caisse de rattachement et vos obligations, notamment d’assurance. J’ai rempli ce champ deux fois avant de viser juste, en regardant des entreprises comparables déjà immatriculées.
Deuxième point, l’ordre des choses. Beaucoup démarrent par les clients, la carte de visite et le site, puis déclarent l’activité trois mois plus tard. Or la date de début d’activité déclarée compte, et tout ce qui est facturé avant pose problème. Facturez après, pas avant.
Troisième point, le budget réel. La création est gratuite, mais le régime entraîne des cotisations calculées sur le chiffre d’affaires, dont le taux dépend de la nature de l’activité. Le cadre général des cotisations micro entreprise est public, et les barèmes évoluent chaque année : vérifiez-les sur les pages officielles au moment où vous vous lancez, et n’engagez rien sur un chiffre lu dans un forum.
Quatrième point, plus domestique : le compte bancaire. Une activité déclarée, c’est de l’argent qui entre et qui sort, avec des justificatifs à garder. Je tiens un compte dédié, même sans obligation, parce que trier deux ans de relevés mêlés est un cauchemar.
La méthode, étape par étape
Voici l’ordre que je suivrais si je recommençais.
Définissez d’abord votre activité en une phrase, et vérifiez si elle est commerciale, artisanale ou libérale. C’est de cette qualification que découlent votre caisse et vos obligations.
Rassemblez ensuite les pièces d’état civil et les justificatifs demandés par le formulaire, puis préparez une description claire de ce que vous allez vendre. Ce sont les deux champs qui allongent la démarche quand on les improvise.
Passez par le guichet unique, en vous connectant via FranceConnect, sans créer de compte supplémentaire (Urssaf auto-entrepreneur, 2026). Vérifiez à chaque étape que vous ne payez rien : la formalité est gratuite pour les activités commerciales, artisanales et libérales (INPI, 2026).
Attendez ensuite votre numéro SIREN et votre code d’activité. Ils arrivent par voie électronique, et c’est à partir de là que vous pouvez facturer, ouvrir un compte dédié et vous faire connaître.
Mettez en place votre suivi de chiffre d’affaires dès le premier euro. C’est ce suivi qui alimente vos déclarations, et c’est là que se joue la différence entre une année sereine et une régularisation douloureuse.
Enfin, gardez les pages officielles sous la main pour les montants. Cotisations, seuils et aides évoluent : les ressources publiques et les simulateurs officiels sont les seules références fiables pour ces chiffres.
Voici la marche à suivre, résumée en tableau, avec ce que chaque étape engage.
| Étape | Ce que vous faites | Où | Ce que ça engage |
|---|---|---|---|
| Qualification | Nommer l’activité | Vous-même | Caisse et assurances |
| Documents | État civil, justificatifs | Chez vous | Aucun frais |
| Formalité | Déclaration d’activité | Guichet unique, FranceConnect | Gratuit |
| SIREN | Réception des identifiants | Voie électronique | Droit de facturer |
| Compte dédié | Séparation des flux | Banque | Suivi simplifié |
| Déclarations | Chiffre d’affaires | Urssaf | Cotisations calculées |
Ce qui ne marche pas, et pourquoi on le fait quand même
Attendre d’avoir un plan d’affaires parfait ne marche pas. J’ai repoussé ma déclaration d’un mois pour affiner des prévisions qui ne servaient à rien : le régime s’accommode très bien d’un démarrage progressif. Je continue pourtant à vouloir tout prévoir, et je m’en méfie désormais.
Payer un intermédiaire pour la formalité ne marche pas non plus quand on a deux heures devant soi. C’est le même formulaire, les mêmes pièces, et l’accompagnement est facultatif. Je l’ai fait pourtant, un dimanche soir, par peur de mal remplir, et je ne le regrette pas assez pour recommencer.
Ouvrir une auto entreprise « pour voir » ne marche pas davantage. Une activité déclarée, c’est un rattachement, des déclarations, même nulles. Je connais trois personnes qui l’ont fait par curiosité et qui ont passé deux ans à déclarer zéro tout en recevant des courriers.
Le bon tuyau en plus
Le voici, celui que je répète autour de moi. Déclarez avant votre première facture, notez la date exacte de début d’activité, et gardez une copie du justificatif de dépôt. Ce document vous servira pour la banque, les assurances et le premier client qui vous demande vos identifiants.
Ensuite, ouvrez un compte dédié le jour même, et non « quand ça commencera à bouger ». Le tri, après coup, coûte plus de temps que la formalité elle-même. Et si vous avez déjà une activité salariée, renseignez-vous sur le cumul avant de déclarer : les conditions dépendent de votre situation et de votre employeur.
FAQ
Créer une auto entreprise coûte-t-il quelque chose ?
Non, la formalité est gratuite pour les activités commerciales, artisanales et libérales : seuls les agents commerciaux paient leur immatriculation (INPI, 2026). Attention à distinguer cette démarche gratuite de l’accompagnement payant que certains prestataires proposent pour remplir le même formulaire.
Faut-il créer un compte avant de commencer ?
Non. La déclaration passe par le guichet unique de l’INPI, et la connexion est possible sans créer de compte, via FranceConnect (Urssaf auto-entrepreneur, 2026). Vous utilisez les identifiants que vous avez déjà, ce qui évite un compte supplémentaire à retenir et à gérer.
Combien de temps cela prend-il ?
La déclaration elle-même demande une heure ou deux, davantage si vous découvrez la qualification de votre activité. Ensuite, le temps de traitement dépend de la formalité et de votre dossier. Le vrai délai vient de ce que vous n’avez pas anticipé : les pièces et la description de l’activité.
Peut-on créer son auto entreprise en étant salarié ?
Le cumul d’un emploi salarié et d’une activité indépendante est possible, mais il obéit à des conditions qui dépendent de votre contrat et de votre situation. Deux réflexes avant de vous lancer : vérifiez votre clause d’exclusivité, et renseignez-vous auprès de l’Urssaf, qui reste la source de référence sur ce point.


